Vie d’auteur

Ici, j’ai envie de vous partager des secrets, bonheurs et petites galères de ma vie d’auteur.

  • La Folle Erreur de Don Cortisone est née d’une blague et d’une image publiée sur un groupe d’écriture Facebook, et du défi qui m’a été lancé dans les commentaires de cette publication: « quant à Didier, il a sorti un carnet de sa poche, et a commencé un récit où il s’agissait d’un panier de framboises et de bottes à frange ».

    J’ai relevé le défi et commencé le feuilleton des aventures de Framboise et de ses bottes à frange. Le feuilleton a plu et s’est mué peu à peu en roman.
  • J’ai des goûts très éclectiques! Si je devais choisir 10 romans qui m’inspirent et que j’admire, je dirais:

    1- La mort du roi Tsongor de Laurent Gaudé: la force du théâtre et la puissance de Shakespeare dans cette tragédie africaine.

    2- Les piliers de la terre de Ken Follett: trahison, amour, guerre, histoire, culture, suspense.. Il y a tout dans ce roman!

    3- La faute à pas de chance de Lee Child: l’incroyable Jack Reacher à la recherche de ses ex-compagnons d’armée en danger. Un des meilleurs de la série selon moi, une mécanique implacable dans la construction du récit. J’adore !

    4- Désert de J.M.G. Le Clézio: un roman envoûtant à la poésie subtile mêlant l’homme du désert éternel et les drames de l’immigration et déracinement.

    5- Le livre sans nom d’un auteur anonyme: que dire ? C’est inclassable! De la parodie, de l’humour, du contre-pied et de la contre culture… Un polar déjantée fantaisiste et fantasque à la Tarantino.

    6- Les furtifs d’Alain Damasio: un roman d’anticipation foisonnant avec une langue virevoltante, une vision du futur et de la société… Un page-turner qui fait réfléchir.

    7- Que ma joie demeure de Jean Giono: qu’est-ce que c’est beau ! Une écriture poétique et une communion avec la nature.

    8- La huitième couleur de Terry Pratchett : le premier tome des annales du Disque Monde. Un récit fourmillant d’idées très drôle et inspirant.

    9- Indian Creek de Pete Fromm: ou comment un étudiant accepte le job improbable de surveiller un bassin de poissons l’hiver en plein Montana. Il ne connaît rien à la nature et à l’hiver.. Entre le récit de voyage et le témoignage humoristique. Inspirant pour des personnages?

    10- Une histoire de la lecture de Alberto Mangel: érudit, savant, savoureux, multiple, anecdotique… Une somme de savoirs joyeusement dispensés pour alimenter un cerveau à la recherche de nouvelles idées.

    OK, ok! Il y a le Seigneur des Anneaux aussi…
  • La carte des États-Unis d’Amérique est un fabuleuse occasion de rêver: on y trouve la plupart des grandes villes d’Europe, des villes antiques et d’autres aux noms évocateurs comme Satan’s Kingdom, Santa Claus, Ding Dong, Chicken et Two Eggs ou encore Hot Coffee!
    J’ai passé des heures sur Google Map. En découvrant Carthage et Rome, deux villes du Tennessee à moins de 10 miles l’une de l’autre, j’ai pensé aux guerres puniques et imaginé que ce serait intéressant de récréer un conflit antique dans les États-Unis actuels, d’autant plus que le conflit territorial antique se doublait d’un conflit économique pour le contrôle des mines d’argent d’Espagne. Et quand j’ai découvert qu’il existait aussi des mines au Tennessee, l’appel du roman s’est fait irrésistible…
  • En 2019, je suis tombé sur un article publié sur le site medium.com, un très bon site regroupant des articles qu’on ne lit jamais ailleurs. L’auteur y relatait son défi: écrire un article de 1000 mots minimum chaque jour pendant 30 jours. Je me suis laissé tenter et j’ai relevé le défi.

    Voici les 10 enseignements de ces 30 jours d’écriture :

    La première surprise c’est tout simplement d’avoir réussi le défi. A priori il n’était pas évident d’écrire tous les jours, de trouver le temps. J’écris le midi sur la pause déjeuner, dans le bus en rentrant du bureau, le soir et depuis quelques jours je me lève à 5h30 pour écrire. Je profite des vacances, pas d’enfant à réveiller ni de repas du midi à préparer. Alors que je pourrai dormir! C’est fou, non ? Mais commencer la journée par écrire, cela apaise. Ce qui compte le plus passe en premier. Je sais maintenant qu’il est possible d’écrire tous les jours et pourquoi alors s’arrêter à 30 jours ?

    Deuxième point : écrire est une activité qu’il faut faire passer avant même le travail qui nous fait vivre. La journée doit commencer par ça. Sinon le texte que j’ai en tête resurgit n’importe quand dans la journée et met le bazar dans mes activités en m’envahissant l’esprit. Il faut alors écrire ou les mots vont disparaître. Il n’y a rien de pire que refermer la porte sur sa créativité, sur cette inspiration qui vient.

    Troisième point : l’écriture régulière est un sport d’endurance. Il faut s’échauffer en lisant et relisant ce qui a déjà été écrit pour faire renaitre le récit, et continuer les textes débutés le matin ou la veille. Les introductions, les préambules servent à ça : non seulement ils font entrer le lecteur dans l’histoire mais ils font aussi entrer l’auteur dans l’histoire. Quand je suis à court d’idée, et que j’évite le cœur du sujet, je me surprends à peaufiner et fignoler l’intro, rajoutant des détails de ci de là, retardant le moment où il va falloir se lancer pour faire avancer l’histoire, attendant le déclic. La bonne nouvelle, c’est que le second souffle survient toujours.

    Quatrième point : écrire n’est que la conclusion. C’est la partie visible de l’iceberg. L’essentiel du travail est dans la tête, et l’écriture n’arrive que sur le tard. Puisqu’écrire est un sport d’endurance, il faut nourrir la machine, en l’occurrence le cerveau. L’esprit se nourrit de lectures et d’articles, de podcasts et de conversations. Que tout est potentiellement un sujet d’écriture. Celui qui écrit est un vampire qui aspire et vole les idées, puis les transforme, les mélange, les associe à d’autres et enfin les restitue à sa façon, enrichies de son expérience et de son vécu.

    Cinquième point : lors de ce défi, je suis tombé en panne de nourritures intellectuelles. A passer tout mon temps à écrire, je n’avais plus le temps de lire ni même d’écouter Jean-Claude Ameisen et Sur les épaules de Darwin (la meilleure émission du monde) qui représente une source inépuisable d’idées et de savoirs transverses. Stephen King dit : si tu veux devenir écrivain, tu n’as que deux choses à faire : écrire autant que tu peux, lire autant que tu peux. J’ai découvert à quel point il avait raison. Mes textes généraux, ceux que j’écris pour transmettre, pour développer des idées et des connaissances, ont fini par disparaître. Mais relever le défi impliquait d’écrire chaque jour, alors j’ai dû me tourner vers l’imaginaire. Et j’ai découvert une autre chose assez inattendue : je suis plutôt doué pour ça ! Inventer un conte, des petits mondes magiques, c’est drôle et amusant, et surtout j’y parviens. Je ne me connaissais pas cette créativité.

    Sixième point : Mettre un rituel en place et avoir des habitudes aide. Avoir des habitudes, c’est mettre en place des automatismes. Les idées se déclenchent plus facilement.

    Septième point : écrire 1000 mots par jour, c’est avancer de micro-défi en micro-défi, et l’important dans cette phrase est le mot avancer. Bien plus simple que de se dire « je vais écrire un roman de 250000 mots » dont on ne voit jamais la fin. C’est se mettre un objectif S-M-A-R-T : Spécifique, Mesurable, Acceptable, Réaliste, Temporellement défini. Se consacrer à un article à la fois permet de voir les étincelles qui passent et de conserver les yeux et les oreilles ouverts, justement pour écrire un autre texte. C’est ce que dit l’excentrique artiste australien Tim Minchin lors de la réception de son diplôme d’honneur de je ne sais plus quel université australienne. Il faut écouter son discours (en anglais sous-titré anglais), d’abord parce qu’il est drôle et très peu conventionnel. Ensuite parce que ses conseils méritent qu’on s’y arrête. Ils prennent souvent le contrepied des discours dominants, et justement pour cela ils ont beaucoup de sens.

    Huitième point : ma force supposée est plutôt la transmission de connaissances. J’aime relier les disciplines et tisser des liens entre des savoirs qui à priori ne sont pas connectés. Je l’ai dit plus haut, j’ai découvert une capacité à écrire des textes imaginaires. Mais mes textes les plus puissants, des textes personnels, ceux qui touchent et recueillent le plus de commentaires sont ceux qui transmettent une émotion. Et mes articles les plus appréciés et commentés ne sont pas ceux que je place le plus haut et dont je suis le plus fier. Ce qui compte c’est l’émotion d’abord. L’originalité, la créativité et les connaissances viennent après.

    Neuvième point : il y a beaucoup d’idées, elles sont là tout autour et les mots pour écrire ne demandent qu’à être saisis. Ils sont là comme de petites entités fantôme, comme je l’écrivais hier pour « mon jour 29 ». Il faut parfois tâtonner pour trouver les mots, ou pas. Trouver les mots, c’est comme descendre dans une mine : des fois je pioche sans répit, sans succès, et ne remonte que quelques pauvres phrases laborieuses, et d’autres fois je tombe sur un filon.

    Dixième point : il y a trois ans, une psychologue m’a dit qu’une des caractéristiques essentielles de mon profil psychologique et de mon mode de réflexion était d’avoir une pensée en arborescence. En théorie, chacune de mes idées pouvaient être représentées par le tronc d’un arbre qui donnerait naissance à de multiples autres branches, à de multiples autres idées que je dois gérer en parallèle. J’étais bien embêté, je ne voyais pas du tout de quoi elle parlait ! Plus le temps a passé, plus j’ai commencé à comprendre comment je pense. Mais après ces 30 jours, je sais sans doute possible qu’elle avait raison. Quel bazar toutes ces pensées qui se télescopent ! La difficulté n’est pas tant de trouver des idées que de limiter et de sélectionner quelques idées dans cette pluie météoritique d’idées qui me tombent dessus. J’ai tendance à vouloir trop en mettre : il est difficile d’en laisser sur le côté, je les trouve plutôt chouettes mes idées ! Mais si j’en mets trop, le texte devient fouillis et perd sa ligne directrice. Donc je pars sur une branche et coupe les autres…
  • Je n’ai pas de rituel. J’écris dès que je peux, le plus souvent le matin tôt, très tôt, trop tôt vers 5h30 avant le réveil de la famille et des enfants, et avant ma journée de travail. Avec toujours une tasse de café. Le café, c’est un rituel ?
  • L’inspiration est partout, et tout peut devenir inspiration. La vie quotidienne, Les lectures évidemment, les podcasts, les réflexions des enfants et tout ce qui mélange les genres, car c’est du mélange que naissent les idées. Une bonne idée est ce qui connecte deux domaines à priori sans rapport immédiat.